Finance

Maroc : Les 3 géants publics qui alimentent le Budget général

En 2027, les Établissements et Entreprises Publics (EEP) devraient injecter 23,03 milliards de dirhams dans le Budget général de l’État, marquant une hausse de 18 % par rapport aux prévisions initiales de l’exercice en cours. Cette manne financière reste néanmoins ultra-concentrée : trois entités à elles seules en fourniront 81,2 %, soit un apport cumulé de 18,7 milliards de dirhams.

Maroc : Les 3 géants publics qui alimentent le Budget général
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D’après les documents d’accompagnement du projet de loi de finances (PLF) publiés par le ministère de l'Économie et des Finances, trois acteurs majeurs concentrent l'essentiel des versements publics à l'État : l’Agence nationale de la conservation foncière, du cadastre et de la cartographie (ANCFCC), le Groupe OCP et Bank Al-Maghrib (BAM).

Cette forte concentration illustre le poids financier et la rentabilité de ces trois géants. Une tendance particulièrement stable, puisqu'entre 2020 et 2025, ce trio a représenté en moyenne 84 % des contributions du secteur public.

Selon la rubrique des « produits provenant des EEP au profit du budget général », l’ANCFCC se hisse en tête des contributeurs avec un versement prévu de 7,2 milliards de dirhams. Elle est suivie par le groupe OCP, qui versera 6,4 milliards de dirhams de dividendes (27,8 %), et Bank Al-Maghrib avec 5,1 milliards de dirhams (22,1 %).

L’ANCFCC tire principalement ses revenus des immatriculations foncières, des inscriptions aux livres fonciers et des prestations cadastrales, dont l'excédent est prélevé au profit du Trésor. Alors que la loi de finances 2025 prévoyait 6 milliards de dirhams, les réalisations ont atteint 6,5 milliards (soit 108 % de l'objectif). La prévision fixée pour 2027 dépasse ce niveau de 700 millions de dirhams, marquant une hausse de 10,8 %.

De son côté, l’OCP, historiquement premier contributeur de l'État, adapte ses versements en raison de ses engagements financiers massifs dans ses programmes de transition vert (engrais, énergies renouvelables, ammoniac vert, dessalement) combinés à la volatilité des marchés mondiaux.

Concernant l'exercice 2026, les prévisions de clôture tablent sur des produits EEP supérieurs à 20,69 milliards de dirhams (hors cessions et privatisations), soit 1,17 milliard de plus que prévu. En une décennie, ces versements ont plus que doublé, bondissant de 8,95 milliards de dirhams en 2015 à 20,61 milliards en 2025.

Sur l'année écoulée, l'ANCFCC (6,5 MMDH), l'OCP (6,18 MMDH) et Bank Al-Maghrib (4,26 MMDH) ont encore généré près de 82 % des recettes versées par les EEP. Au-delà de ces contributions non fiscales (dividendes, parts de bénéfices, redevances), les entreprises publiques alimentent également les caisses de l'État via la fiscalité : leurs versements au titre de l'IS, de l'IR et de la TVA avaient atteint 26,64 milliards de dirhams en 2023.